Fondation d’entreprise AIA

Santé et Territoire : Rester En Vi(ll)e   « REV »

« Ce n’est pas une crise, c’est un changement de monde » Michel Serres.

AIA a fêté ses 50 ans, pour beaucoup consacrés à la construction d’ouvrages dédiés à la santé. Créée en 2011, la Fondation d’entreprise AIA se devait de placer au centre son expertise forte, la santé, pour en faire bénéficier le plus grand nombre dans un souci d’intérêt général mais aussi de vision prospective, s’agissant, de fait, de ses projets de demain.

C’est ce qui apparaît dans le libellé de la Fondation : architecture – santé – environnement.

Ainsi encadrée par l’architecture et l’environnement, la santé se trouve naturellement « territorialisée » dans un cadre construit, habité, vivant, où tout converge, converse, commerce : la ville.

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Car c’est bien en ville que tout se joue, milieu qui nous fait progresser, modèle privilégié d’épanouissement culturel directement lié au développement économique et social, besoin fondamental de l’être humain. Chaque semaine, un million de personnes la rejoignent et il est aujourd’hui admis qu’à la fin de ce siècle la quasi-totalité de la population mondiale sera « urbanisée » dont le tiers, augmentation de l’espérance de vie oblige, sera constitué en France de personnes dites âgées ou dépendantes à horizon 2050.

Dès à présent, jeunes et vieux s’y retrouvent. Les premiers pour apprendre, communiquer, se rencontrer, attirés par les meilleures écoles et les meilleurs emplois, les seconds pour rester en contact avec la vie intense et stimulante de la ville où tout y est proche et accessible.

Il semble donc « naturel » que le monde s’urbanise et que la nature cherche à y garder sa place. Ne parle-t-on pas aujourd’hui de « milieu » ou « d’écosystème » urbain et plus généralement de ville durable ?

La trilogie architecture (au sens large) – santéenvironnement est donc au cœur de l’évolution humaine et plus généralement du « vivant » dont nous faisons partie.

Un texte émanant de l’OMS affirme qu’il y a une conception positive de la santé. Cette notion, qui véhicule des représentations de volontarisme, d’énergie et de vitalité, sous-tend une politique de « promotion de la santé ». Cette même idée de positivité est utilisée dans un autre sens, voisin mais différent, pour désigner la recherche d’un état optimum, voire d’un état qui ne se réduit pas à la simple « normalité », notion déjà contenue dans la célèbre définition de l’OMS selon laquelle la santé est « plus que la simple absence de maladie », mais « un état de complet bien-être physique, mental et social ».

La santé se trouve ici élargie à la prévention et à l’épanouissement de l’être humain, deux notions totalement liées à un environnement stimulant, un milieu dans lequel il se développe le mieux : la ville.

Prévenir, guérir, s’épanouir apparaissent donc comme la nouvelle forme d’offre globale de santé, totalement incluse dans le territoire de développement humain et urbain de demain : la métropole.

Dans ce contexte, la Fondation développe quatre ateliers de travail dont deux sont dédiés aux établissements hospitaliers, cœur de métier d’AIA : « hospital library » et « territoire et flexibilité hospitalière », et deux autres, plutôt liés au cadre humain et urbain de la santé : « le grand âge » et « Bien Vivre la Ville » (B2V).

Les deux premiers traitent de « l’hôpital de demain » dont l’évolution, au dire des experts qui ont participé au dernier colloque France-Chine, organisé par la Fondation, semble s’orienter vers une forme de « redéploiement » pour se rapprocher au mieux des patients, à l’image du « smart hôpital » ou, pour les grandes chaines de distribution alimentaire, leurs magasins « city ».

Les deux derniers thèmes se penchent sur le « vivre ensemble » dans un monde en pleine mutation, où il semble que l’humain ait la volonté de prendre de plus en plus en main sa santé dans un contexte territorial urbain responsabilisant.

A terme, ces deux pistes de recherche ont pour vocation de se rejoindre et c’est bien là que le sujet devient réellement prospectif. Comment l’évolution des maladies chroniques, les progrès de la médecine et de la chirurgie, mais aussi les contraintes environnementales fortes sur les besoins énergétiques, la mobilité, le traitement des eaux et des déchets…vont influer sur l’hôpital de demain ?

A moins d’une nouvelle révolution énergétique – nous en sommes aujourd’hui à essayer d’engager une transition – la tendance est à l’économie circulaire et à la proximité. Dans la distribution comme dans l’assainissement – on consomme et on jette – les recherches sont axées vers des hubs ou des dispositifs de recyclage intégrés à la ville afin de réduire au maximum les volumes et les distances. On voit mal comment la santé peut y échapper et c’est là que nos sujets de recherche se rejoignent et y trouvent leur intérêt. En effet, à l’image des nouveaux métiers et emplois à venir, dont la plupart n’existent pas encore, beaucoup reste à faire aujourd’hui pour favoriser le « bien-être urbain ».

Car si les liens étroits entre la santé de l’homme et le milieu dans lequel il vit ne sont plus à démontrer, la ville « durable » n’est-elle pas simplement la recherche d’un milieu où l’homme cherche à « durer » le plus longtemps possible ? Et c’est bien ce cadre de vie qui nous intéresse, puisqu’il touche à l’architecture, à la santé et à l’environnement.

La prédominance de l’empreinte carbone, la généralisation des produits, emplois et services de proximité, le développement des réseaux sociaux ne sont-ils pas les premiers marqueurs d’une ouverture vers une nouvelle « sociabilité urbaine » ?

De ce point de vue les résultats du workshop organisé par la Fondation dans le cadre de l’atelier B2V sont révélateurs. Trois des cinq thèmes proposés par les jeunes architectes et ingénieurs du groupe AIA traitent de dispositifs urbains susceptibles de favoriser cette nouvelle sociabilité : « De nouveaux modèles économiques créateurs de liens sociaux » explore les formes urbaines que pourraient prendre les nouveaux modes de partage liés aux changements sociaux-économiques de la société ; « Parcours sensibles et sensoriels, régénération du sentiment d’urbanité » travaille sur une cartographie d’analyse physique, sensible et temporelle de la ville afin d’en dégager les points névralgiques – acupuncture urbaine – pouvant être « stimulés » par des dispositifs spécifiques ; « Ville prévoyante et responsabilisante » questionne l’offre de soins en ville en proposant un parcours urbain de santé qui interroge les modes de déplacement et incite à l’activité physique, intégrant une offre de soins diffuse au sein de l’espace public.

Les deux autres thèmes, « l’invisible » et « mobilité douce » abordent les sujets des énergies humaines et urbaines auxquels s’ajoutent un travail du studio paysage sur les « jardins thérapeutiques » et une réflexion prospective du studio environnement sur « les empreintes résilientes des établissements de santé ».

Se sont greffées à ces recherches plusieurs pistes de collaboration intéressantes pour 2016.

La première, avec le Gérontopôle des pays de Loire, sous la direction du Professeur Gilles BERRUT, aborde le problème de nos ainés, toujours plus nombreux et actifs, et la manière dont ils pourraient s’intégrer à la ville sans être regroupés dans des structures adaptées de type maison de retraite. Un premier ouvrage « Le grand âge, une vie à construire », édité en juin 2015 par la Fondation, a regroupé des contributions de spécialistes et un workshop intitulé « Auto(nomie)Mobil(ité) » va être mené avec la Ville de Nantes et son école d’architecture.

Une deuxième piste est proposée par l’Université de Liège sur la base du cahier B2V, également édité par la Fondation. « Bien vivre à Herstal » intègrerait la méthodologie B2V dans le cadre d’un atelier pour le Master complémentaire en urbanisme de la Section Ingénieur Architecte au second semestre 2016.

Richard SCOFFIER propose également pour 2016 un workshop « santé urbaine » avec les écoles d’architecture de Versailles et de Bangkok.

Enfin, l’atelier « Territoire et flexibilité hospitalière » devrait déboucher sur un ouvrages de contributions d’experts et un workshop avec l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique de Rennes (EHESP) et L’Université de Technologie de Compiègne (UTC).

On le voit, ce travail de plusieurs années commence à prendre forme et intéresse la galerie Archistorm qui propose d’organiser en juin 2016 une exposition de trois semaines dans ses locaux parisiens en même temps que trois tables rondes – une par semaine – dédiées aux trois thèmes de la Fondation : architecture – santé – environnement. Un catalogue sera également édité pour l’occasion.

Mais la Fondation AIA continue aussi à s’ouvrir vers l’extérieur et vers d’autres disciplines que la santé en proposant de nouveaux membres pour le Comité Scientifique dans les domaines de l’architecture, de l’urbanisme, du paysage et de l’environnement.

Ainsi la Fondation avance et se déploie autour de nouvelles personnalités et de nouveaux programmes innovants, complémentaires et prospectifs.

Dix ans d’espérance de vie gagnés en un demi-siècle, des conditions de vie en ville favorables au bien-être et à la longévité, des séniors actifs et avides de transmettre, des « ville-archipels » qui se regroupent en métropoles, une société plurielle qui se réoriente face au changement de monde qui s’opère, la Fondation AIA se doit d’intégrer ces données à la nouvelle équation urbaine qui s’offre à elle et, pourquoi pas, les considérer comme une chance pour les générations futures.

Prochains événements

11
octobre

RDV de la Fondation

18 h 30 min — 20 h 00 min
@ Agence AIA

Les projets

 

Hospital Library

Hospital library est une plate forme internationale ouverte et participative ; un véritable fond documentaire synthétique qui recense de nombreuses opérations d’équipements hospitaliers français et européens du 21ème siècle. Cette base de données, accessible à tous, a pour vocation à devenir un outil de recherche autant qu’un espace de découverte. Elle permet de dresser un panorama de l’architecture de santé, et de poser les bases d’une réflexion partagée sur son avenir.

Le site web : www.hospital-library.com/

Bien vivre la ville

Depuis 2013, la Fondation AIA conduit une étude prospective sur le thème ‘Santé et enjeux urbains’. Et si c’était la ville dense des métropoles modernes qui favorisait la santé et le bien être ?

Quelles sont, par delà les évidences portant sur les niveaux de vie différents et la qualité des services, les causes d’un tel phénomène qui bouscule bien des idées reçues? Et quelles sont surtout les conséquences qu’il convient d’en tirer en matière d’urbanisme durable?

C’est à l’analyse de cette configuration du bien vivre urbain contemporain, condition sine-qua-non d’une ville durable, qu’est consacré ce travail de recherche porté par la Fondation d’entreprise AIA Architecture Santé Environnement.

Charles GIRARD, Tangi LE DANTEC, Thomas BOUDON et Quentin MOURIER ont œuvré à cette étude sous la direction de Jean-François CAPEILLE. Une première publication, téléchargeable sur ce site, a été produite en interne. Elle sert de base à la mise en place de workshops au sein d’AIA et de l’Université de Liège. L’édition de l’ouvrage par  Archibooks est prévue en juin 2016.

 

Le Grand Âge : une vie à construire

Le monde change, l’espérance de vie progresse chaque année en France et dans les pays développés, en particulier au coeur des grandes métropoles.

En 2050 nous serons 9 milliards d’êtres humains, dont 6 milliards de citadins et plus du tiers de la population mondiale constitué de personnes dites âgées.

Ce nouvel équilibre est considéré aujourd’hui comme l’un des enjeux les plus marquants du « vivre ensemble » de demain. De ce nouveau temps de vie, d’une durée de 20 à 30 ans aujourd’hui en France, émergeront de nouveaux lieux et de nouvelles ressources.

Le coworking intergénérationnel ou la silver économie en sont les premières manifestations.

La Fondation d’entreprise AIA, qui se penche sur la trilogie « architecture – santé – environnement », se devait d’y consacrer un chapitre, au même titre que l’évolution de l’offre de soins ou les conditions du « bien – vivre en ville », puisque le sujet du vieillissement des populations ne peut en être dissocié.

Territoire et flexibilité

Dans le cadre d’un partenariat avec l’EHESP de Rennes (Ecole des Hautes Etudes de la Santé Publique), la Fondation AIA conduit , depuis Avril 2015, un travail de recherche sur les évolutions de l’organisation hospitalière.

Il s’agit de créer une dynamique sur le sujet de l’architecture hospitalière et de son évolution prévisible dans le contexte des territoires de santé et de la généralisation des parcours des soins.

Deux études sont ainsi menées en parallèle :

  • sur la flexibilité architecturale des hôpitaux (cycles de vie, réserves, modes de construction, taille, …)
  • sur l’évolution de l’architecture des nouvelles structures de santé en fonction des flux de patients

Ces études devront conduire à la rédaction d’articles, de chapitres d’ouvrages et à l’organisation d’un colloque.