Les RDV

La santé au chevet de la ville – Tous vulnérables

Une étude INSEE du 7 juillet – commentée dans un article du Monde daté du 8 juillet, par Julia Pascual – a mis en évidence une mortalité deux fois plus importante des immigrés face à la pandémie du Covid 19 (il s’agit dans cette étude des personnes nées à l’étranger). Une fois encore la crise sanitaire aura mis en lumière les fortes inégalités où la fragilité économique et sociale se traduit directement en termes de vulnérabilité. Alors même que ce sont les populations défavorisées qui sont les plus touchées, ce sont bien les conditions de vie, de logement, de transport, de travail qui sont à interroger. Cet état de santé collective dans ces banlieues pauvres aux appartements surpeuplés, est évidemment aggravé par la désertification des offres de soins qui les caractérise. Autre facteur aggravant, les études montrent que ces quartiers concentrent également les professions les plus exposées au virus. Agents hospitaliers, aides-soignants, caissiers, livreurs, autant d’acteurs indispensable sans qui la crise sanitaire, déjà si douloureuse, se serait transformée en véritable cauchemar collectif.

 

Cette vulnérabilité, que personne ne veut voir, nous concerne tous car nous sommes « tous vulnérables » comme nous le rappelle Charlotte Marchandise-Franquet dans la petite vidéo qui suit. Si ces inégalités ne sont pas prises en compte, elles nous rattraperont bientôt car les pandémies, les maladies chroniques, physiques et mentales, n’épargnent personne et selon toutes les prévisions toucheront une part croissante et même majoritaire des populations des pays développés d’ici une trentaine d’années. Nous sommes tous concernés par un mode de vie et un cadre de vie qui nous fragilisent au lieu de nous maintenir « en état de complet bien-être physique, mental et social » au sens de l’Organisation Mondiale de la Santé. En réaction à la crise sanitaire sont revendiqués toujours plus de moyens pour « guérir », aux dépens souvent du « prévenir » ou du « s’épanouir ». Pourtant on sait qu’un logement confortable et bien isolé offre une meilleure chance de bonne santé, on sait que dans les quartiers aérés et verdoyants, même denses, les prescriptions médicales sont deux fois moindres que dans les quartiers surpeuplés, on sait que l’espérance de vie des populations peut se réduire de moitié sur une ligne de métro parisien ou londonien. Dès lors investir dans la qualité du cadre de vie reste un choix prioritaire si nous ne voulons pas nous épuiser à panser les plaies des pandémies, des dérèglements climatiques, des maladies chroniques galopantes. Prévenir pour s’épanouir et « moins guérir » c’est aussi investir dans la perspective d’un bien-être collectif pour les générations futures. Face aux interactions complexes des risques, l’horizon de l’urbanisation devrait être celui de la prévention, pas de la réaction.

 

Cet été nous mettrons en ligne sept nouvelles petites vidéos : Tous vulnérables, Ethique collective, Longévité, Dérèglement, Micro-influences, Urbanisation, Spontanéité, Apporter des réponses. Elles ont pour objectif de positionner la Fondation AIA dans cette période confuse et préparer le film « la santé au chevet de la ville » que nous présenterons à la Biennale d’Architecture de Venise au printemps 2021.

 

Jean-François Capeille

Président de la Fondation AIA

 

Les trois premières vidéos sont à retrouver ici.

 

Réalisation : Benoit Millot / Écriture : Sébastien Jousse & Benoit Millot / Ingénieur du son : Arnaud Devillers / Montage : Franck Littot / Production: Membo / Studio : Matthieu Bertrand